Réflexions, positions et engagements de l’équipe de Bransat

Les premières conséquences immédiatement sensibles du vote en faveur du Brexit et l’incertitude dans laquelle il plonge l’Europe, voire même une partie du monde, sont si fortes, qu’après l’incrédulité elles suscitent une inquiétude angoissée. Comme s’il n’y avait pas de « plan B ». C’est dans l’affolement que l’on essaye d’y réfléchir, aujourd’hui, à Bruxelles comme à Londres. Au point que, de part et d’autre de la Manche, les autorités publiques ne sont même plus tout à fait sûre d’une mise en œuvre effective du Brexit. « Sortira … Sortira pas ? » s’interroge-t-on à propos du Royaume Uni.

Aussi est-il assez vain de chercher à prévoir la suite. Il est plus utile de se pencher sur les causes et sur les remèdes, avant que des « suicides politiques » de même nature, n’affectent d’autres pays ou d’autres régions de notre chère et vieille Europe.

Or, l’Union Européenne est de plus en plus loin de la promesse de constituer une nouvelle « grande puissance ». Sur la carte d’un monde qui semble de plus en plus dangereux et incontrôlable elle est en passe de devenir un « nain politique ». « L’Europe ? … Quel numéro de téléphone ? » interrogeait en 1970 Henry Kissinger, avec quelque ironie, en 1970. Rien n’a changé depuis : pas de politique extérieure commune, pas de défense commune, pas de gestion des frontières commune, pas de politique sociale commune, pas de vision commune de l’aide au développement dans les pays tiers. Ainsi l’Europe ne protège pas ses citoyens ni ne leur propose une vision positive de l’avenir. Au contraire, elle contraint et inquiète.

Le remède est connu : moins de normes, plus de projets ; moins de marché, plus de politique. Il nous faut en revenir à l’esprit qui conduisit les Européens à s’unir selon l’appel de Robert Schuman en mai 1950. Mais, si nous y parvenions, comme il faut l’espérer, le référendum sur le Brexit aura été un signal salvateur.

Restent les deux autres protestations qu’ont exprimées les tenants du Brexit : contre la City de Londres et contre la hausse de l’immigration. On aurait tort là également de ne pas les entendre.

Contre la City de Londres, cela veut dire contre une financiarisation excessive de l’économie et un sentiment d’inégalités croissantes avec un « ascenseur social » qui ne fonctionne plus, si ce n’est à contre-sens. Nous devons être attentifs à ce décrochage entre des « élites » qui par leur formation, leur profession, leur culture, leur lieu de vie profiteraient de la mondialisation et le « peuple » qui en serait victime. Les derniers résultats électoraux en Italie comme en Autriche montrent bien la montée et la force de ce sentiment.

Il y a aujourd’hui une demande pour se réapproprier des espaces de vie collective où peuvent se prendre les indispensables décisions et s’exercer les solidarités locales. La bonne réponse c’est faire accéder le plus grand nombre aux responsabilités publiques, qu’elles soient économiques, sociales ou culturelles. Ne pas l’engager, serait laisser la porte ouverte aux extrémistes.

Contre la forte hausse de l’immigration, cela veut dire contre la crainte d’être dépossédé de ses droits voire de sa culture. Et ici, clairement, l’Union Européenne a failli. Elle n’a su prévoir ni l’ampleur des mouvements migratoires ni celle des réactions des populations concernées par leur accueil. Et surtout elle a manqué d’unité. Or, on le sait, ces déplacements de populations, au risque même de leur vie, sont loin de s’arrêter. Il y a peu, la majorité venait de l’Est. Aujourd’hui elle vient du Sud, via la Lybie. Le réservoir africain est déjà immense ; il croît de plus de 5% par an. Attendre, c’est tout simplement la garantie d’une explosion des migrations suivie d’une explosion sociale en Europe.

Agir c’est accompagner le développement économique de l’Afrique. Et c’est autant l’affaire de l’Union Européenne que de chacun d’entre nous. Depuis longtemps déjà nous appelons à cette action citoyenne, soucieuse de l’avenir, qui a compris que : « sauver l’Afrique c’est aussi sauver l’Europe ».

Les résultats du référendum sur le Brexit, nous obligent donc à une prise de conscience et à une action collective. Il nous faut faire nôtre la conclusion de Georges Soros qui après avoir exprimé toute son inquiétude, déclare : « Nous ne devons pas abandonner. Certes l’Union Européenne est une construction défectueuse. Après le Brexit, ceux d’entre nous qui croient dans les valeurs et les principes qui ont donné naissance à l’Union Européenne doivent s‘unir pour les préserver et les reconstruire complétement. Je suis convaincu qu’à mesure que les conséquences du Brexit vont se dérouler dans les semaines et les mois à venir, de plus en plus de gens vont nous rejoindre….. ».

N’abandonnons pas.

Rejoignons tous ceux qui veulent préserver les valeurs et les principes de l’Union Européenne. Et, avec eux, continuons à bâtir l’avenir.

Ce Texte a été rédigé le 28 juin 2016 par le Conseil d’Administration de l’association « Rencontres d’Avenir » qui a pris la suite de POSITIONS (1955-2008) au service de :

  • LA FRANCE
  • L’EUROPE
  • L’AFRIQUE

En préparation du futur pour permettre le maintien et le développement de la civilisation occidentale en participant au développement à tous les sens du mot de l’Afrique.

  1. Construire enfin l’Europe dans l’esprit des Pères fondateurs de Mai 1950.
  2. Faisant en sorte qu’accède le plus grand nombre (en Europe comme en Afrique) aux responsabilités, publiques, économiques, sociales et culturelles.
  3. Afin d’assurer le développement de l’Afrique – en la respectant –utiliser les 4 niveaux d’actions :
    • a.De l’Union Européenne
    • b.Du Gouvernement français
    • c.Des régions, départements et communes de notre Pays
    • d.Et, enfin et peut être surtout, la participation de toutes celles et de tous ceux qui, en France, voudront s’impliquer rapidement dans cette grande œuvre du siècle.

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BILAN Juin 2016